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Les bases historiques et théoriques de la Thérapie Interpersonnelle

La Thérapie Interpersonnelle est une forme de psychothérapie récente qui a été initialement fondée en tant que traitement de la dépression.

Cette psychothérapie repose sur la constatation d’un lien indefectible entre la dépression et le tissu relationnel et environnemental du sujet qui souffre de cette dépression.

Son origine intègre divers courant de pensées, à la fois psychanalytiques (Adolf Meyer, John Bowlby), phénoménologiques, et quelques influences comportementalistes. Elle est malgré tout aujourd’hui tout à fait différenciée des autres courants de pensée et est en constante évolution, notamment dans l’élargissement actuel de son champ d’application clinique.

Bases historiques de la thérapie interpersonnelle

La base théorique princeps établit un lien entre dépression et dysfonctionnements causaux des relations interpersonnels du sujet déprimé. Plus précisément, il existe de manière préalable un terrain fragilisant de conflits avec un être aimé, d’isolement social, de deuil ou encore de brutaux changements familiaux par exemple, qui induisent un état dépressif. De plus, la dépression ne fera qu’aggraver ce dysfonctionnement créant ainsi un cercle vicieux.

Base de réflexion de la TIP

Dans les années 70, la nécessité de codifier certaines pratiques psychothérapeutiques dans le cadre de travaux de recherche ont incité l’équipe du professeur Klerman et de son épouse le professeur Weissmann à clarifier leur approche de la dépression en fonction de leurs travaux précédents et de leur pratique. Ils avaient ainsi démontré les liens de causalité entre la fragilité des liens sociaux et affectifs etles risques de rechutes et récidives dépressives chez leurs patients.

Peu à peu, une nouvelle approche psychothérapeutique a vu le jour et son efficacité rapidement démontrée a essaimé à travers d’autres équipes soignantes d’abord aux Etats-Unis, puis au Canada avant d’atteindre beaucoup plus récemment les rives européennes.

La TIP est une psychothérapie théoriquement structurée, proposant la prise en charge d’un patient dépressif en un nombre donné de séances préalablement convenues; en règle générale de 12 à 16 séances. Bien évidemment cette rigidité princeps est adaptée au cas par cas à chaque sujet, en fonction de l’évolution de la dépression.

Il s’agit donc d’une thérapie brève qui repose sur un noyau préalable primordial : le “statut de malade”. Ce statut stipule que le patient sort de son déni habituel et accepte de porter le diagnostic de dépression. La dépression revêt ainsi un modèle médical au même titre qu’une maladie organique, déculpabilisant ainsi le sujet, qui n’est ni plus faible ni plus vulnérable que ses pairs, contrairement aux lourdes idées reçues dans ce domaine.

La deuxième partie de la thérapie repose sur le choix commun entre le thérapeute et le patient du domaine principal de dysfonctionnement interpersonnel, parmi 4 dimensions évaluées :

Bases de réflexion de la TIP

- Une problématique de deuil

- Une transition de rôle, c’est à dire un changement brutal de vie inducteur de stress faisant le lit de la dépression : un divorce, une promotion professionnelle, un déménagement et une nouvelle profession par exemple.

- Un déficit interpersonnel, c’est à dire une fragilité des liens sociaux et affectifs en rapport avec un isolement social ou encore une extrême timidité par exemple.

- Un conflit interpersonnel tel qu’une crise conjugale ou des problèmes graves relationnels intrafamiliaux, un exemple typique étant une relation entre une mère et une fille en pleine crise d’adolescence.

Sur le modèle d’une thérapie en 12 sessions (dans ce cas, une consultation hebdomadaire induit une thérapie brève réalisée en 3 mois), les trois premières consultations sont consacrées au “statut de malade” ainsi qu’au versant osycho-éducatif de la dépression, interessant autant le patient que ses proches.

Structuration d'une TIP

La partie centrale de la thérapie sera consacrée à l’une des quatre dimensions sus-décrites. Elle se déroule de manière très interactive, sous la forme de jeux de rôles par exemple, et d’évaluation au fil des séances des résultats concrets des méthodes employées (par exemple des techniques de gestion des conflits testées en jeux de rôle avec le thérapeute puis adaptées dans la vraie vie).

Les trois dernières sessions sont destinées à l’évaluation globale des changements interpersonnels réalisés grâce à la thérapie et de leur influence sur l’évolution de la dépression.

Ces changements impliquent une diminution progressive et rapide des symptômes dépressifs et permettant plus encore de minimiser les risques de rechutes et récidives.